Ce que veut dire « gratuit » pour une application de tables de multiplication

Vous tapez « application tables de multiplication gratuite » dans l'App Store et vous obtenez une longue liste de résultats. Vous en installez une, votre enfant joue dix minutes, et une vidéo publicitaire se lance entre deux questions. Le mot « gratuit » ne dit rien de ce que l'application fait de l'attention et des données de votre enfant.

Le mot « gratuit » ne dit pas qui paie

Une application coûte de l'argent à fabriquer, puis à maintenir. Chaque année, une nouvelle version d'iOS sort et il faut adapter le code. Il faut aussi des tests, du support, et une redevance annuelle pour rester publié sur l'App Store. Quand une application est proposée à zéro euro, l'argent vient donc d'ailleurs.

Ce n'est pas un reproche, c'est de l'arithmétique. Quand vous cherchez une application tables de multiplication gratuite, vous filtrez sur le prix affiché, pas sur le modèle économique qui se trouve derrière. Or, pour financer une application destinée aux enfants, trois modèles reviennent le plus souvent : la publicité, les données, l'abonnement. Parfois deux en même temps.

Ces trois modèles n'ont pas les mêmes conséquences pour un enfant de huit ans assis dans le canapé avec un téléphone, dix minutes avant le dîner. C'est cette différence concrète que détaille cette page, modèle par modèle. Vous y trouverez aussi comment lire vous-même, en trente secondes, ce qu'une application déclare collecter. Et, à la fin, ce qui est gratuit et ce qui est payant de notre côté, dit sans détour.

La publicité : ce qu'elle coûte à un enfant qui calcule

Le calcul mental demande de la concentration, et cette concentration est fragile à huit ans. Une vidéo de trente secondes entre deux questions ne coûte pas trente secondes : elle coûte le fil. L'enfant revient au calcul suivant la tête ailleurs, et il faut tout relancer. Sur une séance de dix minutes, deux ou trois coupures suffisent à transformer un entraînement en zapping.

Il y a aussi les publicités récompensées : regarder une vidéo pour continuer, pour récupérer une vie, pour débloquer un bonus. L'enfant apprend alors une règle qui n'a rien à voir avec les mathématiques : attendre rapporte. Une partie de ces vidéos fait la promotion d'autres jeux, plus rapides et plus faciles que des tables à réviser. Un enfant de huit ans ne fait pas toujours la différence entre le contenu et la réclame.

Une application financée par la publicité n'est pas malhonnête pour autant, et certaines encadrent correctement les formats destinés aux enfants. Il faut simplement savoir ce que ce modèle rémunère : le temps passé et le nombre d'affichages, pas les calculs qui finissent par être sus. Pour des séances courtes et régulières, ces deux objectifs ne tirent pas dans le même sens. C'est un arbitrage à faire en connaissance de cause.

Les données : ce qu'on donne sans le voir

Une application peut n'afficher aucune publicité et se financer quand même par ce qu'elle sait de son utilisateur. Identifiant publicitaire, modèle d'appareil, habitudes d'utilisation, parfois localisation approximative ou contacts : ces éléments alimentent des profils qui se revendent. La particularité de ce modèle, c'est qu'il ne se voit pas. L'écran peut être sobre, sans une seule bannière, et l'application transmettre malgré tout des informations à des tiers.

Pour un adulte, c'est un choix discutable mais conscient. Pour un enfant de huit ans, c'est un profil qui commence à se constituer dix ans avant qu'il ait son mot à dire. Il n'a pas lu la politique de confidentialité, il ne sait pas ce qu'est un identifiant publicitaire, et il ne saura pas non plus qu'on peut le réinitialiser. C'est une raison suffisante pour regarder cette question avant même le contenu pédagogique.

Un indice simple, et gratuit à vérifier : la création de compte. Une application qui réclame une adresse e-mail, un prénom, une date de naissance ou une connexion par réseau social a, par construction, de quoi rattacher des données à quelqu'un. Ce n'est pas forcément malveillant : un suivi sur plusieurs appareils suppose un compte. Mais quand une application fonctionne sans compte, la question disparaît d'elle-même.

L'abonnement : c'est le parent qui paie

Troisième modèle : vous payez, et l'application n'a plus besoin de vendre ni l'attention ni les données de votre enfant. C'est le plus simple à comprendre et le plus désagréable à voir arriver sur le relevé bancaire. Un abonnement annuel se reconduit tout seul, et il est facile d'en oublier un. Avant de vous engager, regardez le montant réel sur douze mois, pas le prix mensuel affiché en gros.

Payer ne garantit rien en soi. Une application payante peut aussi collecter des données, et le prix ne dit rien de la valeur pédagogique. Ces deux questions, comment c'est financé et ce que ça vaut pour votre enfant, se vérifient séparément. La première prend trente secondes sur la fiche App Store, la seconde demande quelques semaines d'usage réel.

Un point pratique, sur iPhone : la liste de vos abonnements se trouve dans les Réglages, tout en haut, sous votre nom, puis « Abonnements ». Vous y voyez tout ce qui se reconduit et vous pouvez arrêter un abonnement sans désinstaller l'application. Faites le tour une fois par an, cela prend deux minutes. C'est valable pour toutes les applications de la famille, pas seulement celles des enfants.

Trente secondes sur la fiche App Store

Ouvrez la fiche de l'application dans l'App Store et faites défiler jusqu'à la section « Confidentialité de l'app ». Trois intitulés y reviennent : « Données utilisées pour vous suivre », « Données établissant un lien avec vous », « Données n'établissant aucun lien avec vous ». Quand le développeur déclare ne rien collecter, la fiche affiche « Aucune donnée collectée ». C'est l'information la plus rapide à lire, et elle est disponible avant l'installation.

Deux autres endroits méritent un coup d'œil sur la même page. Sous le nom de l'application, la mention « Achats intégrés » signale qu'il existe des options payantes, et la liste détaillée en donne les tarifs : c'est là que se lit ce qui est réellement gratuit. Les captures d'écran, elles, laissent souvent voir les bandeaux publicitaires. Une page de ce site est consacrée à cette vérification, si vous voulez le détail.

Une limite qu'il faut connaître : cette section est une déclaration du développeur, publiée par Apple, et non un audit indépendant. Elle engage celui qui la remplit, mais elle ne remplace pas une vérification technique. Elle reste le renseignement le plus accessible que l'on obtienne sans rien installer. Prenez l'habitude de la lire pour toutes les applications que votre enfant utilise, pas seulement celles de mathématiques.

Ce qu'on peut faire sans installer quoi que ce soit

Avant même de choisir un outil, l'essentiel se fait avec du papier. Faites dire à votre enfant les calculs des tables une fois, sans chronomètre, et notez seulement ceux qui coincent. Il en restera moins que vous ne le pensez : ce sont presque toujours quelques calculs précis, pas les tables entières. Une autre page de ce site explique comment mener ce repérage ; ce qui compte ici, c'est qu'il ne coûte rien.

Ensuite, la mécanique est connue et elle est gratuite : on revoit un calcul raté peu de temps après, puis à intervalle de plus en plus long tant qu'il est réussi. Une boîte et cinq compartiments suffisent à tenir ce rythme, et une page de ce site détaille ce fonctionnement. Des outils comme Anki ou Quizlet reposent sur le même principe, avec des formules gratuites ou payantes selon l'appareil ; ils sont pensés au départ pour des révisions d'adolescents ou d'adultes.

Ce qu'une application apporte ici, c'est la tenue du registre : quel calcul revient, et quand, sans que vous ayez à gérer des cartes. Dans MULTICHA, un calcul raté revient à intervalles croissants, et des astuces mnémotechniques accompagnent les tables les plus difficiles. Si vous avez le temps et la patience de le faire à la main, faites-le à la main : cela fonctionne aussi.

Ce qui est gratuit dans MULTICHA, ce qui ne l'est pas

Les tables de 1 à 5 sont gratuites. Vous téléchargez, votre enfant joue : il n'y a pas de compte à créer, pas d'adresse e-mail à donner, pas de mot de passe à retenir. L'application pèse 7,3 Mo, fonctionne sur iPhone à partir d'iOS 15 et sa classification est 4+. Sa fiche App Store indique « Aucune donnée collectée », et il n'y a aucune publicité, nulle part.

Ce qui est payant, maintenant. Au-delà des tables de 1 à 5, l'accès passe par l'abonnement MULTICHA Premium, à 18,99 € par an. Un abonnement MULTICHA École existe à 9,99 €, réservé aux élèves des écoles partenaires : il ne s'active qu'avec le code de l'établissement. Pour une école qui souhaite équiper ses classes, le tarif se fait sur devis.

Autrement dit, la partie gratuite n'est pas une démonstration de trois minutes : ce sont les premières tables, celles que l'on travaille en premier à l'école. Et la partie payante est un abonnement ordinaire, qui se résilie depuis les réglages de l'iPhone comme n'importe quel autre. Nous ne promettons aucun résultat, parce qu'aucune application ne peut le faire honnêtement. Nous nous en tenons à ce qui se vérifie : pas de publicité, pas de compte, pas de données collectées.

Décider sans se presser, sur la partie gratuite

La bonne façon de choisir tient en trois observations, faites sur la partie gratuite d'une application. Est-ce que votre enfant y retourne sans qu'on le lui demande. Est-ce qu'il sort de la séance calme, ou excité et frustré. Est-ce que vous voyez, vous, quels calculs il rate, ou seulement un score global.

Ce dernier point est celui qu'on regarde le moins et qui sert le plus. Dans MULTICHA, une matrice de suivi affiche les 121 calculs des tables de 1 à 11 un par un, chacun dans un état parmi cinq : jamais vu, en progrès, au moins 75 % de réussite, toujours juste, à retravailler, avec un pourcentage par table. Vous voyez donc en un écran si le problème est la table de 7 entière ou seulement 7 × 8. Le reste sert la régularité : trois modes, Jouer avec dix questions chronométrées, Réviser en flashcards et un mode audio où la question est lue et l'enfant répond à voix haute, plus un Défi du Jour.

Un mot, enfin, sur l'origine de l'application, puisque la question est légitime quand on parle d'argent et d'enfants. MULTICHA a été conçue avec les enseignants d'une école primaire et testée par trois classes avant sa publication. L'équipe MULTICHA explique ailleurs sur ce site qui elle est et pourquoi elle a fait ces choix. Vous n'êtes pas obligé de nous croire sur parole : la fiche App Store se lit en trente secondes, et les tables de 1 à 5 s'essaient sans rien payer.

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Questions fréquentes

Existe-t-il une application de tables de multiplication vraiment gratuite ?

Oui, au sens où vous pouvez ne rien payer ; non, au sens où personne ne paierait. Trois modèles reviennent le plus souvent : la publicité, l'exploitation ou la revente de données, l'abonnement. Une application affichée à zéro euro relève en général de l'un d'eux, ou propose une partie gratuite et une partie payante. Plus rarement, elle est financée par une école, une collectivité ou une association. La question utile n'est donc pas le prix affiché, mais ce qui est vendu à la place.

Comment vérifier ce qu'une application collecte avant de l'installer ?

Ouvrez sa fiche dans l'App Store et faites défiler jusqu'à la section « Confidentialité de l'app ». Apple y affiche ce que le développeur a déclaré, sous des intitulés comme « Données utilisées pour vous suivre », « Données établissant un lien avec vous » ou « Aucune donnée collectée ». Regardez aussi la mention « Achats intégrés » sous le nom de l'application, et les captures d'écran, où les bandeaux publicitaires sont souvent visibles. L'opération prend une trentaine de secondes. Gardez en tête qu'il s'agit d'une déclaration du développeur publiée par Apple, pas d'un audit indépendant.

Une application sans publicité est-elle forcément payante ?

Pas forcément, mais il faut alors comprendre d'où vient l'argent. Certaines applications sans publicité visible se financent par la collecte et la revente de données, ce qui ne se voit jamais à l'écran. D'autres sont financées par une école, une collectivité ou une association. D'autres encore proposent une partie gratuite et une partie payante, ce qui reste le montage le plus lisible pour un parent.

MULTICHA fonctionne-t-elle sur Android ?

Non. MULTICHA est proposée sur iPhone uniquement, à partir d'iOS 15, et il n'existe pas de version Android. L'application pèse 7,3 Mo : elle prend donc peu de place sur un iPhone familial, à condition qu'il soit au moins sur iOS 15. Si vous n'avez pas d'iPhone, la méthode reste valable avec des cartes en papier : repérer les quelques calculs qui bloquent, puis les revoir à intervalles de plus en plus longs.

Qu'est-ce qui est gratuit dans MULTICHA et qu'est-ce qui est payant ?

Les tables de 1 à 5 sont gratuites, sans compte à créer et sans publicité. Au-delà, l'accès passe par l'abonnement MULTICHA Premium, à 18,99 € par an, qui se résilie depuis les réglages de l'iPhone. Il existe aussi un abonnement MULTICHA École à 9,99 €, réservé aux élèves des écoles partenaires et activable uniquement avec le code de l'établissement. La fiche App Store de l'application indique qu'aucune donnée n'est collectée.

Comment fonctionne le tarif pour une école ?

Un établissement partenaire dispose d'un code que les familles saisissent pour activer l'abonnement MULTICHA École à 9,99 €. Sans ce code, cet abonnement ne peut pas être activé : il n'est pas accessible au grand public. Pour équiper des classes, le tarif de l'établissement se fait sur devis, selon le nombre d'élèves concernés. La page consacrée aux écoles détaille la démarche et permet de demander un devis.

Peut-on apprendre les tables sans application ?

Oui, et la méthode ne coûte rien. Faites réciter les calculs une fois pour repérer ceux qui bloquent réellement, puis travaillez uniquement ceux-là : ils sont toujours moins nombreux qu'on ne le croit. Revoyez chaque calcul raté peu de temps après, puis à intervalles de plus en plus longs tant qu'il est réussi, c'est le principe de la répétition espacée. Des cartes en papier suffisent ; des outils comme Anki ou Quizlet reposent sur le même principe, avec des formules gratuites ou payantes selon l'appareil. Dix minutes par jour tiennent mieux qu'une heure le dimanche.

Écrit par L'équipe MULTICHA.