Mon enfant bloque sur les tables : que faire

Un enfant ne bloque presque jamais sur une table entière. Il bloque sur quelques calculs précis, toujours les mêmes — les siens, pas ceux de son voisin. Tant qu'on ne les a pas identifiés, on fait réviser dans le vide.

L'équipe MULTICHAMis à jour le

Le malentendu de départ

Quand un enfant dit « je ne connais pas ma table de 7 », commencez par regarder ce que cette table contient : 11 produits, de 7 × 1 à 7 × 11. Retirez 7 × 1, puis 7 × 2 qui n'est qu'un doublement, puis 7 × 5 et 7 × 10 qui se lisent sur les tables de 5 et de 10. Ce qui reste vraiment à travailler, c'est 7 calculs, pas 11.

Sur ces 7 calculs, lesquels tombent déjà sans hésitation ? C'est exactement la question à laquelle il faut répondre avant de faire réciter la table entière. Sinon l'enfant passe l'essentiel de son temps sur ce qu'il sait faire, ce qui est agréable pour lui et rassurant pour l'adulte, mais ne produit aucun progrès là où il faudrait.

Pourquoi il révise spontanément ce qu'il maîtrise

Réviser ce qu'on réussit procure une sensation de compétence, réviser ce qu'on rate produit de la frustration. C'est l'observation qui a donné naissance à l'application, faite dans une école primaire : laissés libres, les élèves refaisaient les tables qu'ils tenaient déjà et contournaient celles qui leur résistaient.

C'est pour cette raison qu'un enfant peut faire ses tables tous les soirs pendant des semaines sans avancer d'un pouce sur les quelques calculs qui lui résistent depuis le début — ceux que sa matrice signale en rouge, et qu'il évite précisément parce qu'ils lui résistent.

À quoi ressemble une liste réelle

Plutôt qu'un ordre de grandeur sorti de nulle part, voici un relevé. La matrice reproduite sur la page d'accueil de ce site est l'écran « Ma matrice » d'un profil d'enfant. Elle suit les 121 calculs des tables de 1 à 11 croisées entre elles. Sur ce relevé, 74 calculs sont maîtrisés, soit 61 %, et 10 portent l'état « à retravailler ». C'est un exemple, pas une moyenne : ce site ne publie aucune mesure faite sur un groupe d'enfants, faute d'en avoir une.

Les 10 calculs à retravailler de la matrice publiée sur ce site, et l'état du même calcul posé dans l'autre sens
À retravaillerLe même calcul dans l'autre sens
3 × 3Un carré : il n'occupe qu'une case
3 × 77 × 3 : toujours juste
3 × 1111 × 3 : jamais vu
5 × 1111 × 5 : toujours juste
8 × 55 × 8 : toujours juste
8 × 8Un carré : il n'occupe qu'une case
8 × 99 × 8 : en progrès
9 × 77 × 9 : toujours juste
9 × 9Un carré : il n'occupe qu'une case
10 × 55 × 10 : toujours juste

Deux choses sautent aux yeux dans la colonne de droite. D'abord, 5 de ces calculs sont « toujours juste » quand on les pose à l'envers. Ce n'est pas un bug de l'application : c'est ce qu'elle est faite pour montrer. Un enfant range 5 × 8 dans la récitation de sa table de 5 et ne retrouve pas 8 × 5 posé seul. D'où une grille de 121 cases, une par calcul dans le sens où il est posé, et non une seule case pour les deux.

Ensuite, il y en a 2 dans les tables de 5 et de 10, celles qu'on présente partout comme les plus faciles. Autrement dit : la liste de votre enfant ne se devine pas depuis une réputation de table, elle se relève.

Comment identifier ce qui bloque, sans aucun outil

Cette étape prend dix minutes avec une feuille de papier. Posez les calculs dans le désordre, en changeant de table à chaque question, sans chronomètre et sans commentaire. Et posez-les dans les deux sens : 3 × 7 aujourd'hui, 7 × 3 demain.

Notez deux choses seulement : les réponses fausses, et les réponses justes qui ont mis plus de trois secondes. Ce second critère est le plus important, car une réponse trouvée en cinq secondes n'est pas mémorisée : elle a été reconstruite, souvent en repassant par le calcul précédent. À la fin, vous obtenez une liste courte. C'est le vrai programme de travail de votre enfant, et tout le reste peut être laissé de côté.

Ce qui fonctionne : cibler, puis espacer

Deux principes suffisent. Travailler en ordre aléatoire et par calcul isolé, jamais par table complète. Et faire revenir chaque calcul raté rapidement, puis à intervalles de plus en plus longs à mesure qu'il est réussi.

Concrètement, si votre enfant rate 7 × 8, ce calcul doit réapparaître quelques minutes plus tard, puis le lendemain, puis trois jours après, puis une semaine après. C'est l'inverse d'une révision uniforme. Cette méthode se pratique très bien avec des cartes papier, en séparant deux paquets. Son seul inconvénient est la tenue des intervalles dans le temps, qui demande de la rigueur sur plusieurs semaines.

Questions fréquentes

Pourquoi mon enfant n'arrive-t-il pas à retenir ses tables malgré les révisions ?

Souvent parce qu'il révise ce qu'il sait déjà. C'est l'observation faite dans l'école primaire où MULTICHA est née : laissés libres, les élèves refaisaient les tables qu'ils tenaient déjà et contournaient celles qui leur résistaient. Le temps de travail est réel, mais il porte sur les mauvais faits.

Sur combien de calculs un enfant bloque-t-il réellement ?

Il n'existe pas de nombre valable pour tous les enfants : c'est sa liste à lui, pas celle de son voisin, et elle se relève au lieu de se deviner. Un ordre de grandeur tout de même, pris sur l'exemple de matrice publié sur ce site : sur 121 calculs suivis, 74 sont maîtrisés, soit 61 %, et 10 seulement portent l'état « à retravailler » (3 × 3, 3 × 7, 3 × 11, 5 × 11, 8 × 5, 8 × 8, 8 × 9, 9 × 7, 9 × 9, 10 × 5). C'est un exemple, pas une moyenne.

Comment identifier précisément les calculs qui bloquent ?

En posant les calculs des tables de 1 à 11 dans le désordre, sans chronomètre, et en notant ceux dont la réponse est fausse ou met plus de trois secondes. Posez chaque calcul dans les deux sens : un enfant peut répondre du tac au tac à 3 × 7 et se figer sur 7 × 3. C'est pour cette raison que la matrice de l'application compte 121 cases, une par calcul dans le sens où il est posé, et non une seule pour les deux. La liste obtenue est courte : c'est le programme de travail réel de l'enfant.

Faut-il faire réciter les tables dans l'ordre ?

Pour découvrir une table, oui. Pour la mémoriser, non : la récitation crée une dépendance à l'enchaînement, l'enfant retrouvant 7 × 8 parce qu'il vient de dire 7 × 7. Cette maîtrise apparente disparaît dès que le calcul est demandé isolément, ou simplement posé dans l'autre sens.

Combien de temps par jour faut-il travailler les tables ?

Cinq à dix minutes par jour valent mieux qu'une longue séance hebdomadaire. La mémorisation dépend de la fréquence des rappels, pas du volume horaire cumulé.

Écrit par L'équipe MULTICHA.