Les astuces qui marchent vraiment pour la table de 8
Votre enfant sort les tables de 2, de 5 et de 10 sans réfléchir, puis il bloque sur 8 × 7. Il compte sur ses doigts, ou il attend que la réponse vienne toute seule. La table de 8 fait partie des dernières à tomber, et la plupart des astuces de la table de 8 s'appuient sur un calcul qu'il sait déjà faire.
Doubler trois fois de suite
La première astuce de la table de 8 tient en trois mots : doubler trois fois. 8 × 6 : on double 6, ça fait 12 ; on double 12, ça fait 24 ; on double 24, ça fait 48. Pour 8 × 7, la chaîne donne 14, 28, 56. Pour 8 × 9 : 18, 36, 72. Ça marche parce que 8 vaut 2 × 2 × 2.
L'intérêt, c'est que l'enfant n'apprend rien de nouveau. Il réutilise le doublement, qui est en place bien avant les tables. La condition, c'est que ce doublement soit vraiment automatique jusqu'à 40 ou 50, puisque la dernière étape part parfois de 36 ou de 44. Si votre enfant hésite sur le double de 14 ou de 18, travaillez d'abord ça, seul, à l'oral, sans support : vous dites 7, il dit 14 ; vous dites 12, il dit 24.
Pour installer la chaîne, dites-la à voix haute avec lui, puis laissez-le la dire seul. « Huit fois six. Six, douze, vingt-quatre, quarante-huit. » Au début, il énonce les trois étapes, et c'est très bien ainsi. Au bout de quelques jours, il en saute une, puis deux, puis sort 48 directement. À ce moment-là, arrêtez de lui rappeler la méthode.
Tous les résultats sont pairs
8, 16, 24, 32, 40, 48, 56, 64, 72, 80. Aucun résultat de la table de 8 n'est impair, puisqu'on multiplie par un nombre pair. Si votre enfant répond 8 × 7 = 55, c'est faux avant même qu'on vérifie. C'est un filtre qu'il peut appliquer lui-même, à chaque réponse, en une seconde.
Le chiffre des unités suit lui aussi un ordre : 8, 6, 4, 2, 0, puis on recommence, 8, 6, 4, 2, 0. On retire 2 à chaque fois. Beaucoup d'enfants repèrent ce motif tout seuls si on leur fait écrire la table en colonne. Attention toutefois : ce repère sert à vérifier une réponse, pas à la trouver. Reconstruire 8 × 7 en descendant de deux en deux prend bien plus de temps que de doubler trois fois.
8 × 7 = 56 : la suite 5, 6, 7, 8
56 = 7 × 8. Écrits dans cet ordre, les chiffres se suivent : 5, 6, 7, 8. C'est plus facile à retenir qu'un résultat isolé, parce que la mémoire s'accroche à une suite. Faites-la écrire une fois, en gros, sur un papier posé sur le frigo.
Un piège à connaître : ce qui compte, c'est l'ordre des quatre chiffres. L'enfant qui les remet dans le désordre sortira 65 au lieu de 56, avec la même assurance. Faites-lui donc répéter la phrase entière, « cinquante-six égale sept fois huit », plusieurs jours de suite, plutôt que la seule suite de chiffres. S'il s'emmêle, revenez au doublement de 7 : 14, 28, 56. Une astuce dont on n'est pas sûr ne fait gagner aucun temps.
8 × 8 = 64, à savoir sans réfléchir
8 × 8 = 64 se retrouve par le doublement (8, 16, 32, 64), mais ce résultat revient si souvent qu'il vaut mieux le savoir directement, comme une date ou un code d'immeuble. C'est un carré, au même titre que 6 × 6 = 36, 7 × 7 = 49 ou 9 × 9 = 81. Les carrés méritent d'être connus par cœur : ce sont des points d'appui pour tout le reste.
Une fois 64 en place, les deux voisins se calculent en un pas. 8 × 7, c'est 64 − 8, donc 56. 8 × 9, c'est 64 + 8, donc 72. L'enfant part d'un résultat sûr et fait un seul mouvement, en avant ou en arrière. Cela ne fonctionne que si le carré est vraiment automatique, sinon on empile deux difficultés au lieu d'une.
Passer par 8 × 10, puis retirer
8 × 10 = 80 ne demande aucun effort, l'enfant le sait déjà. On peut donc partir de 80 et redescendre. 8 × 9 = 80 − 8 = 72. 8 × 8 = 80 − 8 − 8 = 64. C'est ce que les enseignants appellent s'appuyer sur la dizaine, et ça vaut pour d'autres tables que celle de 8.
La méthode a une limite nette : au-delà de deux soustractions, elle devient plus lente et plus risquée que le doublement. Pour 8 × 7, il faudrait retirer 8 trois fois de suite en partant de 80, avec trois occasions de se tromper. Gardez-la pour 8 × 9, éventuellement pour 8 × 8. Pour le reste, doublez.
Le même appui existe dans l'autre sens, pour les enfants qui préfèrent additionner. 8 × 6, c'est 8 × 5 = 40, plus 8, donc 48. La table de 5 étant solide très tôt, le détour coûte peu. Laissez l'enfant choisir entre les deux chemins : celui qu'il prend spontanément est celui qui restera.
La commutativité enlève la moitié du travail
3 × 8 et 8 × 3 donnent le même résultat. C'est vrai pour toutes les multiplications, et ça change l'ordre du travail à la maison. Si les tables de 1 à 7 sont en place, alors 8 × 1 jusqu'à 8 × 7 sont déjà connus, simplement dans l'autre sens. Il ne reste vraiment à apprendre que 8 × 8 et 8 × 9, plus 8 × 10, qui se lit plus qu'il ne s'apprend.
Montrez-le plutôt que de l'affirmer. Posez 3 rangées de 8 jetons, faites compter, puis tournez la feuille d'un quart de tour : ce sont maintenant 8 rangées de 3, et il y a toujours 24 jetons. Rien n'a été ajouté, rien n'a été enlevé. Beaucoup d'enfants récitent la table de 8 en entier sans avoir remarqué qu'ils en connaissaient déjà la plus grande partie.
Concrètement, il est inutile de faire réciter toute la table. Repérez d'abord ce que l'enfant sait, puis concentrez les révisions sur les deux ou trois cases qui manquent réellement. Ce repérage prend quelques minutes et ne demande aucun matériel ; nous le détaillons sur la page consacrée aux enfants qui bloquent sur les tables. C'est le moment le plus rentable de tout le travail.
Une astuce par calcul, pas quatre
Quatre méthodes pour le même calcul, ce n'est pas quatre fois plus de chances de réussir. L'enfant hésite entre les chemins, et l'hésitation coûte plus cher que le calcul lui-même. Choisissez un chemin par calcul difficile, et tenez-le. Par exemple : 8 × 6 par le doublement, 8 × 7 par la suite 5-6-7-8, 8 × 8 par cœur, 8 × 9 par 80 moins 8.
Une astuce est un échafaudage, pas le bâtiment. Le but final, c'est que l'enfant réponde 56 sans passer par rien du tout, comme il répond quand on lui demande son prénom. Un élève qui déroule encore sa chaîne de doublements en CM2 n'a pas terminé le travail, même si ses réponses sont justes. Le jour où le résultat sort directement, retirez l'échafaudage.
MULTICHA intègre des astuces mnémotechniques pour les tables difficiles et propose trois façons de travailler : des questions chronométrées, des flashcards où l'enfant indique ce qu'il sait déjà, et un mode audio où la question est lue et où il répond à voix haute. L'application fonctionne sur iPhone à partir d'iOS 15, sans publicité et sans compte à créer. Les tables de 1 à 5 sont gratuites, de quoi voir si le format convient à votre enfant avant de payer quoi que ce soit.
Faire tourner les calculs qui manquent
Cinq minutes par jour valent mieux qu'une heure le dimanche. Posez les questions à l'oral, dans le désordre, à des moments où l'enfant ne s'y attend pas : dans la voiture, en mettant la table. Ne faites pas réciter dans l'ordre croissant pour vérifier, car celui qui récite s'appuie sur la chaîne : il retrouve 8 × 7 parce qu'il vient de dire 8 × 6. Demandez-lui 8 × 7 tout seul, cinq minutes plus tard, et vous saurez.
Espacez les retours. Un calcul raté doit revenir vite, le lendemain par exemple, puis à intervalles de plus en plus longs tant qu'il est réussi. C'est le principe de la répétition espacée, que des outils comme Anki ou Quizlet appliquent depuis longtemps. Des cartes en papier et trois boîtes suffisent pour le mettre en place ; nous détaillons les intervalles sur la page consacrée à la répétition espacée.
Si vous préférez que ce suivi soit tenu à votre place, MULTICHA affiche les 121 calculs des tables de 1 à 11 un par un, chacun dans l'un de cinq états : jamais vu, en progrès, au moins 75 % de réussite, toujours juste, à retravailler. Un pourcentage par table indique où en est l'enfant, et les calculs ratés reviennent à intervalles croissants, sans que personne ait à y penser.
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Questions fréquentes
Quelle est l'astuce la plus efficace pour la table de 8 ?
Multiplier par 8 revient à doubler trois fois de suite, parce que 8 = 2 × 2 × 2. Pour 8 × 6, on double 6 (12), puis 12 (24), puis 24 (48) ; pour 8 × 7, la chaîne donne 14, 28, 56. Cette méthode a l'avantage de ne rien demander de nouveau à l'enfant : elle réutilise le doublement, qu'il sait déjà faire. Deux résultats méritent toutefois d'être appris tels quels : 8 × 8 = 64, et 8 × 7 = 56, ce dernier se retenant bien avec la suite de chiffres 5, 6, 7, 8.
Pourquoi mon enfant bloque-t-il sur la table de 8 ?
Trois raisons reviennent souvent. Les résultats sont grands et se ressemblent (48, 56, 64, 72), donc faciles à confondre. La table de 8 n'offre pas de repère aussi visible que celle de 5, dont tous les résultats se terminent par 0 ou 5. Enfin, elle arrive tard dans la progression, après les tables de 2, 3, 4 et 5, à un moment où l'enfant a déjà beaucoup de résultats en tête. En pratique, le blocage porte rarement sur la table entière, mais sur deux ou trois calculs précis qu'il faut identifier avant de réviser.
Comment retenir 8 × 7 ?
Le plus court est de lire les quatre chiffres qui se suivent : 5, 6, 7, 8, c'est-à-dire 56 = 7 × 8. Faites répéter la phrase entière, sinon l'enfant risque de remettre les chiffres dans le désordre et de sortir 65. Deux autres chemins mènent au même résultat : doubler 7 trois fois (14, 28, 56), ou partir de 8 × 8 = 64 et retirer 8. Choisissez-en un seul avec votre enfant et gardez-le, plutôt que de lui en proposer trois le même jour.
À quel âge apprend-on la table de 8 ?
En France, les tables de multiplication s'apprennent progressivement à partir du CE1, en commençant par celles de 2, 5 et 10, plus régulières. La table de 8 est en général abordée en CE2 ou en CM1 selon les progressions, une fois les tables de 3 et de 4 en place, puis consolidée jusqu'au CM2. L'âge exact varie selon les classes et selon les enfants. Ce qui compte davantage que l'âge, c'est que le doublement soit acquis avant : sans lui, la principale astuce de la table de 8 ne fonctionne pas.
Faut-il faire réciter la table de 8 dans l'ordre ?
Pour la découvrir, oui : l'ordre montre la régularité, on ajoute 8 à chaque ligne. Pour vérifier qu'elle est sue, non. Un enfant qui récite dans l'ordre s'appuie sur la ligne précédente : il ajoute 8 au résultat qu'il vient de dire, et l'on croit à tort que le calcul est mémorisé. Posez les questions dans le désordre, à distance les unes des autres, et vous verrez ce qui est réellement en place. C'est aussi comme cela qu'on lui demandera de calculer en classe et dans la vie courante.
En combien de temps un enfant retient-il la table de 8 ?
Personne ne peut donner de délai, et il vaut mieux se méfier des promesses de ce genre. Cela dépend de l'enfant, de ce qu'il maîtrise déjà, et surtout de la régularité des révisions. Une séance courte et quotidienne laisse le temps à la mémoire de retravailler entre deux passages, ce qu'une longue séance le week-end ne permet pas. Il est aussi normal qu'un calcul su un jour soit perdu la semaine suivante : c'est précisément pour cela qu'on fait revenir les calculs ratés à intervalles croissants au lieu de tout reprendre à zéro.
Une application peut-elle aider pour la table de 8 ?
Elle peut prendre en charge la partie répétitive : poser les questions, retenir ce qui est raté, faire revenir les calculs au bon moment. Elle ne remplace pas l'explication d'une astuce, qui passe mieux par un adulte, à l'oral, avec des jetons ou une feuille de papier. MULTICHA, par exemple, intègre des astuces mnémotechniques pour les tables difficiles, propose un mode audio où la question est lue et l'enfant répond à voix haute, et affiche les 121 calculs des tables de 1 à 11 un par un pour repérer ceux qui coincent. L'application fonctionne sur iPhone à partir d'iOS 15, sans publicité, sans compte à créer et sans aucune donnée collectée d'après la fiche publiée par Apple. Les tables de 1 à 5 sont gratuites ; l'abonnement MULTICHA Premium est à 18,99 € par an.
Écrit par L'équipe MULTICHA.